Le Journal du Caporal Charles Sainturettte - 1914-1918

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La Ferme de La Godinière

 

27410 Le Noyer en Ouche
Tel : 02.32.44.46.71
dernière mise à jour de cette page : 24.09.2016

Notre adresse web : http://pagesperso-orange.fr/lagodiniere27/

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Le Journal du Caporal Charles Sainturettte - 1914 / 1918

 

Cette page vous est proposée par René LESUR, époux de Annie Hachette,
arrière-petite fille de Charles Sainturette.

 

Dans les archives familiales, nous avons retrouvé divers documents :

Carnet de comptes d'achats octobre 1914, Carnet de Campagne, correspondances et Cartes Postales,

des documents d'une valeur inestimable, à la hauteur
du courage de nos ancêtres et des souffrances qu'ils ont enduré ainsi que leurs familles...
Pour ne pas oublier.... car tel était son désir...

 

 Copier le lien d'accès direct à cette page pour le transmettre aux passionnés...
 
http://pagesperso-orange.fr/lagodiniere27/pb_caporal_charles_sainturette.htm

 

Charles Sainturette Caporal - Classe 1891
né le 7 février 1871 au Noyer-en-Ouche - Eure

Matricule 270 au Recrutement de Bernay

 

Retour à la page : Histoire de la Ferme de La Godinière

La branche SAINTURETTE dans la ligne de Charles SAINTURETTE

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La présente page ne comporte que la copie brute du carnet du Caporal Charles Sainturette,
elle n'est en principe pas sujette à évolution et est à lire de préférence en priorité.
Si vous l'avez déjà consultée, passez directement à la suivante :

Le Journal du Caporal Charles Sainturette - 1914-1918 et ses correspondances
Celle-ci, en évolution constante est enrichie de correspondances, cartes, lettres,
photos et de nombreux autres documents et références...

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Le Centenaire de La Grande Guerre

Une conférence sur le parcours du Caporal Charles Sainturette dans la Grande Guerre
en évoquant la participation de Bernay par la caserne Turreau, ses régiments
et les services de Santé Militaire dans la région sera donnée par Annie et René Lesur
 le Vendredi  6 mai 2016 à 17h30 à 19h00

 lors de la manifestation sur les deux guerres
organisée par l'Association Saint-Victor Loisirs

au Château de La Houssaye à Brétigny (près de Brionne)

 

 du jeudi 5 mai 2016 (Ascension) au dimanche 8 mai 2016

 

L'exposition sur les soldats du Noyer-en-Ouche Morts pour la France
sera visible tous les jours

 

Contact : Colette CAHU  06.82.48.41.35  - colette.cahu(a)laposte.net

Stéphanie DANIEL 06.10.97.37.88 - stephanie.daniel2(a)orange.fr

Renseignements : 06.82.48.41.35 ou 02.32.45.53.72  associationsaintvictorloisirs@wanadoo.fr

Le projet et les dernières infos sont sur la page : Le Noyer en Ouche

 

1914 - 2014

 

Le projet qui me tient à coeur a reçu un avis enthousiaste de la part du Conseil Municipal du Noyer en Ouche.

L'ouvrage est sur le métier...

 

Reconstituer le parcours militaire des Poilus qui ont leur nom gravé sur le Monument aux Morts du village, ainsi que celui du Caporal Charles Sainturette, alors Maire de cette commune.

 

L'idée est de proposer cette exposition dès le 2 août 2014 aux habitants du village bien sûr, mais aussi d'y inviter les membres de leur famille, desendants, cousins, etc... et toutes les personnes intéressées par cette tranche d'histoire tragique qu'à vécu notre patrie ... aucun village n'a été épargné...

 

Il est nécessaire d'entretenir et de transmettre leurs mémoires en respect du sacrifice de leurs vies, pour une liberté dont nous sommes les héritiers.

Pour suivre l'actualité de ce projet, voir sur la page      Le Noyer en Ouche        .

 

René Lesur -

 

Mémoire des Hommes - Le nouveau site Internet - SGA MdH -

1er Août 1914 Ordre de Mobilisation générale
Charles Sainturette est mobilisé (  pas de date exacte à l'époque de la rédaction de cette page... )

 

Caporal Charles Sainturette, 17è Territ au Mesnil Gal – groupe1 – Poste 1- Service des Voies et Communications ––

 

Carnet de comptes d’achat de nourriture. Ce petit carnet de notes ne contenant que quelques pages donne les noms des hommes et la liste des achats pour période.
Il contient aussi le
Chant du Poste de Mesnilgal en 8 couplets, sur l'air : Le clairon de Déroulède.

 

Samedi 31 Octobre 1914

Les hommes du Poste 1 – Groupe 1  sont :

Sainturette, Caporal

Alexandre, Bénard, Bessin, Carpentier, Durand, Daviron, Gauthier, Guérin, Lermeroult, Loutrel, Rever, Terrier, Torquety

 

Le 1 et 2 Novembre 1914 :

Lermeroult, Bunel, Guérin, Alexandre, Legrix, Sainturette, Carpentier, Pellerin, Vallée, Loutrel, Torquety, Gauthier, Besnard, Roussel, Revert, Terrier, Daviron, Durand, Bessin, Pilette

 

Mardi 2, Mercredi 3 et Jeudi 4 Novembre 1914 :

Pilette, C Sainturette, Lhermeroult, Guérin, Bunel, Roussel, Alexandre, Legris, Campagny, Carpentier, Pellerin, Loutrel, Torquety, Gauthier, Bénard, Daviron, Revert, Terrier, Durand, Bessin, Desperrois,

 

Plus loin, après le 17 novembre, sans date :

Desperrois, Bunel, Roussel, Revert, Compagnon, Durand, Gauthier, Pellerin, Carpentier, Bénard, Daviron, Sainturette, Bessin

 

encore après :

Carpentier, Durand, Bénard, ?, Bessin, ?, Daviron, Revert, Guérin, Carpentier

 

( Note : parmi tous ces noms, quelques patronymes bien connus dans la région du Noyer, mais en l'absence de prénoms, il est difficile de les identifier, Ex : Vallée ... )

 

Autres petites notes :

Piéton Arsène 17è Tal, 2è Cie, 1er Bat, 9è Esc

Guilleune à Tilbeuf (?)

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Carte postale du 19 juin 1915

adressée à Robert Sainturette, Le Fidelaire – Eure (Père de Charles)

Il s'agit d'une photo représentant la 2ème Escouade de la 2è Cie du 19è Territorial,

145è Brigade, 73è Division, 1ère armée

Signée C. Sainturette, Caporal, 2è Escouade, 2è Cie, 19è Tal, SP84

Elle ne porte aucun nom de ses compagnons.

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A la page 42 de son Carnet de Campagne : Composition de son Escouade en décembre 1916 :

Sainturette, Caporal – Cherpitel, Vosges – Cormot, Hte Marne – Lagarde, Paris 223è – L’Hermite, Id°

Rhiaut, Sarthe 223è – Baron, Paris 223è – Tétu, Bernay 223è – Daguin, Vosges –

Masveau, Ardennes – Genire, Paris – Février , Paris –

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Carnet de campagne 1914-15-16-17

Note perso pour le lecteur :

- certains noms de lieux semblent mal orthographiés, recopiés d'après lecture directe du carnet, ils seront rectifiés ultérieurement après vérification.

- Imaginez ce carnet - 12 x 18 - écrit dans les conditions décrites, les pages sont rédigées  – comme l’on dit maintenant, au kilomètre, c’est à dire qu’il n’y a aucun renvoi à la ligne depuis le début -  pas question de perdre un petit emplacement -  et d’une écriture remarquable, régulière, pas d’impression de signe de tremblement, de peur, pas un détail ne manque,  et pas une seule tache de boue… je me demande comment cela a été possible, il lui en a fallu du courage ainsi qu’à ses compagnons  !!! serions-nous capables d’endurer une telle épreuve et d’être aussi vaillants ???…

Je me permets néanmoins de structurer quelques phrases et composer quelques paragraphes pour faciliter la lecture, en mettant les dates et lieux en gras  et indiquant la pagination de son carnet pour mieux le suivre.

Nb :  Tal : diminutif de Territoriale, et notez bien : Bôches, toujours avec une majuscule …

 

 

A posteriori, un doute subsiste sur la véritable personne qui a écrit ce carnet... si ce n'est Charles, c'est Hélène, sa fille, qui avait pour mission. ; par des petits papiers E-D-T ; de réaliser ce travail... Nous verrons ce qu'il en est en suivant la lecture... Cela ne change rien à ce qu'il a vécu...

 

En effet, après avoir lu relu maintes fois, en rapprochant les écrits de Charles avec le JMO du 223è RIT, alors qu'il se trouve dans la région de Bislée, j'ai enfin compris la signification de ces petits papiers E-D-T et du stratagème mis en place.

 

J'éprouvais une difficulté à la lecture du carnet, notamment à la journée du  18 septembre 1916 :

page 27 – pour faire la garde de police aux cuisines le long de la Meuse, logés avec nous, les patrouilleurs, les cantonniers, les brancardiers, etc… abri où il pleut comme dehors ; Changement de N° de section, maintenant le N° 181-( note perso : il semble y avoir répétition, mais la transcription est sincère, on est dans une passe difficile...) .

 

En fait, c'est très simple, Charles envoie dans ses correspondances - famille, amis - un  petit papier E-D-T que le destinataire doit remettre à Hélène afin qu'elle recopie   l'Emploi Du Temps de son Père   sur un carnet

 

Du même coup, une seconde énigme se trouve résolue lorsqu'il dit sur une carte postale le 24 septembre 1916 que tous ses papiers ont mouillé.... le carnet retrouvé ne présentant aucune trace d'humidité... et pour cause !!! nous verrons cela sur la page suivante

Le Journal du Caporal Charles Sainturette - 1914-1918 et ses correspondances

qui intègre toutes les correspondances au carnet écrit par Hélène.

René Lesur

 

Commencé le 2 juillet 1916

(doit probablement faire suite à un premier ?? )

Page 1

2 juillet 1916 : Rentré de Permission, retrouvé ma Cie à Courcelles aux Bois, revenu des tranchées dans la nuit, couché à ce pays

3 juillet : Départ de Courcelles pour Lignières à 5 Km où l’on a couché

4 juillet : Départ de Lignières pour Chonville à 16 Km où l’on a couché

5 juillet : Repos à Chonville,

arrivée à Chonville de la 3è-4è-9è- Cie du 223è Territorial , la 1ère et 2è ailleurs à Rupt et maisons forestières

6 juillet : Départ de Chonville pour Commercy à 8 heures par un temps abominable

les 3è, 4è et 9è restant à Chonville. L’après-midi, je suis retourné en voiture à Chonville -

 

pages 2 et 3 - pour chercher ce qui reste du matériel de l’ordinaire et ensuite revenu par Léronville prendre le ravitaillement pour hommes et chevaux toujours malgré le mauvais temps.

7 juillet : Repos, logé dans la caserne Oudinot, bien couchés où il y a beaucoup de troupes.

8 juillet : Commencement du travail, équipes à la gare (Commercy ) de 6 heures à 10 heures du matin et de 1h du soir à 5h du soir. Équipe du magasin à fourrage pour transport du bois, et autre équipe de bois même heure vont dans la forêt entre Mesnil la Horgue et Chonville

8-9-10-11-12-13 et 14 juillet 1916 : mêmes travaux, avec variations d’équipes pendant cette période, temps assez pluvieux et froid dans certains jours. Beaucoup de travail dans toutes les équipes, matériel considérable à la gare : de bois, de ferrailles, de tôles, chargement ou déchargement de wagons ou de camions automobiles. Beaucoup d’activité dans la ville et aux environs

14 au 24 juillet : Rien de nouveau, toujours au même pays, beau temps, beaucoup d’aéroplanes sur le pays, ( des nôtres ). Ces jours derniers, grand accident à la 7è Cie du 223è Tal à Bislée, dans le grenier où nous couchions un obus ayant tombé en a tué 10 et blessé 274 à 3 h du matin où ils étaient tous couchés, on a pris 6 hommes par Cie que nous étions relevés, cela fait 36 hommes, ( et il y a 12 Cies au régt )

 

page 4 - Mary Lamare est venu pour me voir avant hier le 22, comme il allait en permission, mais je venais de partir pour le cinéma, ayant désigné d’office une représentation de Gala offerte par les artistes de la Comédie Française aux troupes du front ce qui était en somme très intéressant. Je regrette de n’avoir pas vu Lamare, car le lui aurais dit d’aller chez nous vous souhaiter le bonjour de ma part, peut-être bien qu’il y aura été quand même.

24 au 31 juillet : Toujours à Commercy, même travail à la Gare ou au Canal, mauvaise nourriture et jamais de repos, quelques hommes sont arrivés en renfort de Caen -

 

page 5 - étant auparavant au 23è Tal en Champagne, étaient malades par les gaz asphyxiants. 

31 juillet : à 6 heures du soir, départ de Commercy pour La-Croix-Saint-Jean, en passant par Lérouville,  Pont-sur-Meuse, Mécrin est à côté de Marbotte (voir carte), mieux logés que l’autre fois, le voyage a été dur par la chaleur et la poussière, arrivés à 11 heures du soir, une quarantaine d’hommes sont restés à Pont sur Meuse pour faner les foins militaires, d’autres sont partis aux grenadiers faire un stage, et d’autres aux guides et encore d’autres comme patrouilleurs téléphonistes etc… Bref, la Cie n’est plus guère 50 hommes, -

 

page 6 - j’oubliais, aussi plus de 40 en permission comme je le disais, on est bien logés, pas trop de bombardements, la nuit cela cogne fort vers les tranchées, par les grenades, coups de fusils, torpilles, obus, enfin tout de sortes d’engins, mais nous ne sommes pas inquiétés, on travaille une trentaine au boyaux 210 en allant vers la 1ère ligne, et une dizaine dont je fais partie au boyau 56 un peu plus loin que le ravin Mulot, entre le camp des Romains et la direction de Mécrin, à faire un boyau pour rejoindre vers Brasseitte et Mécrin, direction de Bois d’Ailly (Forêt d’Apremont), nos cantonnements font partie . La 3è et 4è Cie sont avec nous, 

 

page 7 mais ne cantonne pas avec nous, la 4è vers le ravin Mulot, et l’autre vers la Commanderie, direction de Mécrin, toujours dans les bois. La 9è est à Rouval, dans les bois aussi, près de la Tête à Vache, direction de Saint Aignan, et tous devront partir vers le 15 pour remonter en ligne à Mont Meuse et Bois Carré, tranchée Lambla.

4 au 17 août : -toujours au même cantonnement de La-Croix-Saint-Jean, travail jusqu’au 6 au boyau 56 sans accidents, à partir du 6, travail avec le génie à faire des sapes en 2è ligne – Bois d’Ailly, Forêt d’Apremont pas trop bombardés –

 

page 8 -sauf la nuit du 10 au 11 où il y a eu beaucoup de mines, de grenades et autres projectiles, mais personne de blessé, mais c’était très difficile pour y arriver, le travail consiste à creuser la terre pour faire des sous-terrains pour mettre les hommes à l’abri, sauf dans le jour, vu que l’on ne peu jeter la terre sur les parapets, on la met dans des petits sacs et les corvées de nuit les vident sur le terrain, ce qui est bien dangereux, surtout quand il fait clair de lune

11 août : Demande des noms des pères de 4 enfants, de veufs de 3 enfants, de ceux qui ont perdu 3 frères à l’ennemi pour les placer à l’arrière ou en régiment de travailleurs – arrêté le 11 août

 

17 août page 9 : partis de Kœur pour les tranchées de Pont-Neuf pour trois jours. Placés en section de réserve, poste d’écoute, longeant la Meuse dans la grande prairie non fauchée, où il y a beaucoup de mille bottes de foin, petite patrouille de nuit. Bon abri, mais trop petit pour loger toute la section, des hommes couchaient dans des sapes inachevées, pas de paille du tout. Passé le 18, 19 et 20 à cet endroit, sans incident, c’était paisible, petite escarmouche vers la Courtine, il y a eu quelques blessés légèrement, beau temps. Le soir du 20, à 8h et demi, relève par la 9è Cie sans incident et entré à Koeur-la-Grande vers 10 heures, - page 10 - en arrivant : avoir été de garde police avec 20 hommes, une autre escouade à rester aussi de garde à la passerelle de la Meuse. Le 20, continuation de la garde descendue le soir à 6 heures, bien passée, la Cie s’est reposée, on a fait quelques petites corvées.

 

22 août 1916 - page 10 - : Repos, revues d’armes et de vivres de réserves et munitions, le soir départ à 7h30  par les tranchées de Bois Carré à 4 Km environ et 2 km de Saint Miluel passant par Bislée et le boyau central placé en section de gauche. Tranchée Lambla, abri N° 8, poste d’écoute N° 3. Très mauvais abris, pas de place pour loger et pas de solidité, pris la garde le soir, les caporaux et les sergents s’occupant du service des tranchées et des sentinelles –

 

page 11

23, 24, 25, 26 et 27 août : Continuation, peu de bombardements , surtout des balles, mauvaises tranchées, le jour corvées de soupe et d’eau et peu de chose, repos personne hors de service dans les tranchées pour être évité d’être vu du Camp des Romains. Sentinelles de place en place dans les postes de guetteurs, les hommes à l’abri ou couchés. La nuit, sentinelles aux postes d’écoute et dans la tranchée, travaux de terrassements, réparations des réseaux de fil de fer, devant les tranchées par les prisonniers du 223è. -

 

Page 12 - Patrouille faite en devant des réseaux par les patrouilleurs du régiment et petite patrouille fournie dans chaque section pour les suppléer, constructions ou réparations d’abris. Enfin, toute la nuit travail sans arrêt. Entre les heures de garde, les hommes travaillent. Beau temps, sauf à partir du 25 au soir et la nuit, plusieurs orages qui ont refroidi le temps.

Du 25 au 26, mauvaise nuit par les orages, l’obscurité, la pluie, etc… Travaux de nettoyage de tranchées et boyaux, beaucoup d’eau et de boue. Devons être relevés demain soir le 28 

28 août : Continuation du service de tranchées, le soir, relève à 9 heures, descendu à Koeur-La-Grande à 10 h 30 du soir sans incident, ces 4 jours s’étant bien passés à Lambla –

 

page 13 – En arrivant le soir à Kœur de garde de police ( 1 sergent, 2 caporaux, 1 clairon, 18 hommes ) pour 24 heures.

29 août, continuation de la garde, rien à faire, que de relever les sentinelles à tour de rôle avec le second caporal, ( Sergent Pégaud, Caporaux Sainturette et Noyaux ), cette garde s’est bien passée, relevée à 6 heures du soir. Les hommes ont eu repos pour se nettoyer et se laver leur linge, le soir, une corvée de 20 hommes pour porter matériaux dans les tranchées

30 août : La Cie a été recrutée au travail, les uns à charrier des pierres dans des brouettes pour faire des murs de garantie des obus contre les murs des maisons, -

 

page 14 -d’autres travaillent à la façon de ces murs (dont je faisais partie), d’autres encore étaient de corvées de nuit pour porter des matériaux de toutes sortes dans les tranchées, plusieurs orages dans la journée, notamment le soir, les hommes de corvées ont été bien malheureux la nuit.

 

31 août : Continuation dans la matinée des travaux, l’après-midi, repos et disposition pour le départ du soir pour les tranchées, à 8 heures du soir, départ de la Cie pour faire la relève à Mont-Meuse, en passant par Bislée, arrivés vers 9h30 du soir sans incident, prise de service en arrivant,  -

 

page 15 -logé notre section ( 4è section ) du Centre – 13è et 14è escouade, abri 11, villa des Taupes, où nous sommes allés les rejoindre le lendemain – 15è et 16è Escouade abri 14, ( mon escouade est la 14 )

1-2-3-4 sept 1916 : Continuation du service de garde des tranchées, poste pas mauvais, poste d’écoute pas trop éloigné, secteur assez tranquille, plusieurs jours de pluies et d’orages, surtout l’après-midi du 4 et la nuit du 4 au 5, où il a tombé de la pluie à torrents toute la nuit. Les hommes des postes d’écoute étaient trempés jusqu’aux os, ni voyant ni terre, ni ciel, tous ont été dans le même cas, puisqu’ils se relèvent tous dans la nuit .Les gradés ont été moins malheureux vu qu’ils pouvaient se mettre un peu à l’abri –

 

page 16 – Les parapets des tranchées et certains abris se sont ébombés, obstruant les passages, l’eau aussi tombant dans certains abris, dans le nôtre, le 11, l’eau descendait à pleines marches et sortait en travers les murs, il y en avait plus de 20 centimètres de haut, dès quatre heures du matin les hommes se sont mis au travail pour réparer les parapets et vider toute cette eau qui revenait à mesure, enfin cela a été une triste nuit et journée du côté de Verdun, il y avait bombardement intense, le temps n’était qu’un feu, toutes les nuit, il y avait des patrouilles en devant des tranchées – page 17 – même en devant des premiers réseaux de fil de fer. Dans la nuit du 4 au 5 septembre, une de nos patrouilles a peut-être été vue ou entendue, les Bôches ont déclenché de tous côtés des feux de mitrailleuses en fauchant d’un bout à l’autre du Secteur, mais heureusement, personne n’a été touché, j’ai vu cela, j’étais de service dans la tranchée.

 

Le 6 sept : Nous sommes relevés le soir à 9 heures et descendus à Kœur la Grande, arrivés vers 10h 30, en arrivant, je tombe encore de garde de police avec le même nombre d’hommes, mais pas les mêmes ( Sergent Antenod, Caporaux Sainturette et Brajin ), - page 18 -enfin cette période de tranchées s’est bien tirée et devons remonter dans trois jours à notre ancienne place, c’est à dire à Lambla, section de gauche. Continuation du service de tranchées à Mont Meuse, le soir à 9h, relève, départ pour Kœur pour faire trois jours de repos, arrivés vers 10h30 sans incidents, logés dans les mêmes emplacements 7-8-9. Repos à Kœur, le 7 repos, l’après-midi, petits travaux le 8, pour moi, de garde à la police, la Cie travaille à divers travaux de jour et de nuit,

 

9 sept : Continuation et le soir à 8 heures, - page 19 -départ pour les tranchées de Lambla. Ces trois jours se sont bien passés et sans bombardement, arrivés le soir du 9 à nos tranchées de Lambla, sans incidents repris nos anciens postes.

 

10, 11, 12, 13, 14 sept : Continuation du service de garde de tranchées, situation calme, peu de bombardements, travail dans le jour et corvées la nuit, postes d’écoute et patrouilles, temps assez favorable mais froid la nuit et brumeux. Le matin du 9, à 5 heures, violentes attaques vers le Bois d’Ailly qui a duré environ vingt minutes, mais où cela cogne brutalement, fusils et grenades, torpilles et canons, tout s’en mêlait – page 20 – mais cela n’a pas eu de suite, nous autres qui faisions la prise d’armes, on était sur nos gardes, tout le monde faisait attention, on attendait les Bôches, mais ils pouvaient venir, on était prêts.

15 sept : Continuation du service, vers 6 heures du soir, les Bôches nous ont envoyé quelques obus, sans causer d’incident, plusieurs aussi sur Mont Meuse, mais notre artillerie leur a repassé quelque chose, ils ont bombardé également Kœur , à la même heure, il y a eu quatre hommes de blessés à la Cie qui devait nous relever, dont un est mort.- page 21 - La nuit suivante, départ à 9 heures pour Kœur, sans incident, même cantonnement

 

16 sept 1916 : Repos, l’après-midi, quelques travaux, et la nuit pour moi de garde à la passerelle de la Meuse à partir de 8 heures du soir jusqu’au lendemain matin même heure. 7 : rien de nouveau, 18 : même travail, l’après-midi, repos, dispositions pour le départ du soir. Le soir, à 5 heures, l’eau commence à tomber à verse et se continue toute la soirée et toute la nuit, nous devons partir pour 7 heures, mais les Bôches se sont mis à bombarder – page 22 – le pays et les alentours retardant notre départ de près de 2 heures, pas d’accident de la part du bombardement. Départ vers 9 heures, les uns par Bislée, les autres longeant la route de la Meuse sous une pluie battante et une nuit noire. Arrivés à Mont-Meuse vers 10 heures sans incident, chacun reprenait ses emplacements à la tranchée, nuit pitoyable pour les hommes des postes d’écoute. Pour moi, faisant partie de la section de réserve, je suis resté aux cuisines avec un autre caporal, un sergent et huit hommes pour assurer la garde de police, - page 23 – à la route longeant la Meuse à vint mètres de nous. Nous avons également seize patrouilleurs et quatre cantonniers (nettoyeurs de boyaux) cela se trouve a environ trois cent mètres des tranchées, logeons dans un abri où il pleut comme dehors, on n’a pas pu se coucher cette nuit et tous étions trempés jusqu’aux os, enfin triste position pour tous, aussi, pour le ravitaillement, travaux de service de garde, chevaux de prise, fil de fer barbelés, corvées d’eau et autres patrouilles. Patrouille la nuit,  faite par les patrouilleurs, transport de matériel aux tranchées, nous sommes en face la borne Kilométrique (2 kilomètres à St Mihiel) – page24 – mais nos tranchées vont encore 1 kilomètre plus loin.

 

18 sept : notre secteur est changé de N°, c’est maintenant le N° 181, mais on est toujours resté au même endroit. Continuation du même travail, temps toujours pareil, il pleut à torrents, tout est misérable, ne pouvait se coucher et mouillés, beaucoup de travaux aux tranchées où il y a beaucoup d’éboulements, les hommes sont couverts de boue. Le 19, même travail, activité des deux artilleries et sur nos positions de Mont-Meuse et de Lambla. Les Bôches ont envoyé quantité d’obus surtout à Lambla – page 25 – tuant deux caporaux et blessant plusieurs hommes de la 3è Cie. Temps toujours pluvieux mais un peu meilleur. Le 20, même travail, temps sombre et froid, situation calme, il y a quelques jours un accident de grenade est arrivé à la Courtine, deux hommes étaient à un poste d’écoute, sommeillant un peu, l’un en se réveillant croit voir venir des Bôches, prend une grenade et la lança, et probablement pris de peur, au lieu de la jeter sur les Bôches (qui n’étaient pas là ) la laisse tomber près de son camarade, en éclatant, elle le blesse grièvement (suivant entendre dire), - page 26 -le blessé doit s’appeler Couturier et être du Fidelaire (Eure) Cuisine de Mont Meuse, Section de réserve. Le 17 de garde à la passerelle de la Meus. Le 18, repos et préparatif pour le départ du soir à 5 heures, pluies torrentielles. Départ prévu pour 7h30 mais retardé de deux heures par rapport au bombardement du pays, pas d’accidents, arrivés vers 10 heures aux tranchées de Mont-Meuse sous la pluie, trempés jusqu’aux os, les hommes misérables aux postes d’écoute. Pour moi, notre section faisant partie de la section de réserve, je suis resté avec un sergent et un autre caporal – page 27 – pour faire la garde de police aux cuisines le long de la Meuse, logés avec nous, les patrouilleurs, les cantonniers, les brancardiers, etc… abri où il pleut comme dehors ; Changement de N° de section, maintenant le N° 181-( note perso : il semble y avoir répétition, mais la transcription est sincère, on est dans une passe difficile...) . Le 20, Continuation du mauvais temps, tranchées éboulées, grande misère pour tous, boue et eau, plus que l’homme veut

 

21-22-23 et 24 septembre : Continuation du service de tranchées, travaux de fil de fer barbelés, patrouilles etc… beau temps mais froid la nuit du 23. Combats d’avions où un avion Bôche est allé piquer dans les lignes, Combat que nous avons bien vu – cela se trouvait jusque sur nos têtes. Le 24, Continuation, visite du Général Baudemoulin ( Division). Le soir, relève par la 4è Cie, Remise à la tranchée à chaque caporal d’un lance-grenade, appareil s’adaptant au bout du fusil. Rentrés à Kœur sans incident. Le 25 et 26, repos, service de garde à Kœur, travaux de jours et de nuits, beau temps, rien de nouveau – Arrêté le 26 aux tranchées de Lambla, le 27 sept,continuation du même travail à Kœur, le matin, on a été cueillir chacun un bouquet de milpertuis et autres grandes herbes dans les champs longeant la route de Rupt, - page 29 – ensuite on a fait des rideaux pour mettre le long des routes. L’après-midi, disposition pour le départ aux tranchées, à 7 heures, départ, arrivés vers 9 heures à Lambla, section de gauche, logés dans le même abri 8 – Villa Jalouse – pris le même service sans incidents

 

28, 29, 30 sept : même service et travaux habituels des tranchées, mauvais temps, plusieurs jours pas incident, assez calme, canonnade habituelle, on devrait être relevés, mais il y a eu contre ordre.

 

1, 2, 3 octobre 1916 : toujours pas relevés aujourd’hui ; aujourd’hui le 3, on doit être relevés ce soir nos 6 jours étant écoulés – page 30 – Temps absolument mauvais, pluie et boue en quantité, position critique la nuit pour les hommes des postes d’écoute et dans les tranchées, l’eau tombe dans les cagnas comme dehors et enfin pas d’abris confortable pour se reposer, logés dans la boue et dans l’eau bien pire que les animaux – 3 Octobre, toujours à Lambla, continuation de la dernière journée de tranchée, sans incident, relevés vers 8 heures du soir par la 4è Compagnie, partis pour le repos à la maison Forestière en passant par Kœur la Grande où l’on a été plus d’une heure et demie arrêtée dans la rue – page 31 – en attendant d’autres sections en retard, arrivés après minuit au cantonnement et bien las, des voitures ont pris nos sacs à Kœur la Grande.

 

4, 5, 6 et 7 Octobre : Repos et travaux de bois, de corvées de toutes sortes, pour moi, le 5 planton sur la route de Baudremont, le matin a été à Kœur la Grande au bureau du Colonel, vaccination, logés dans les cantonnements où il pleut car la pluie tombe jours et nuits. Tout le monde très malade du vaccin, dans la nuit on a été obligé d’aller chercher le Major à Courcelles aux Bois – page 32 – pour d’aucuns qui se sont trouvés très mal., les jours suivants cela allait un peu mieux, mais il est toujours resté des souffrants, il y en a eu un ou deux d’évacués sur l’infirmerie de Courcelles

 

8, 9, 10 et 11 Oct : Mêmes travaux de bois, de piquets, d’autres terrassements, aux grenades, aux fusils-mitrailleurs. 10 et 11 : temps un peu meilleur mais froid. La maison forestière à 4 km de Kœur et à 4 km de Baudremont et 4 km de Courcelles, cantonnement sous bois, très bien situé pour l’été. Il y a avec 3 Cie de mitrailleuses du 223è

 

11, 12, 13, 14, 15, 16 Octobre : Continuation à la maison forestière. Le 16, départ en permission - page 33 -

 

du 16 au 27 oct 1916 en permission

 

27 Oct : Rentré le soir de permission et rejoins ma Cie à Lambla section de droite (cantonnement de la Courtine), logé Hôtel de la Misère. Du 27 au 31, continuation du même service de tranchées sans incident, sauf temps déplorable, tranchée éboulée au poste du guetteur aussi. Le 31, un Bôche s’est rendu à 7h30 du matin à la route de la Courtine, arrivant seul dans la tranchée, et le soir, son camarade a été trouvé au poste d’écoute, d’autres aussi se sont rendus, et d’autres encore veulent encore se rendre au Bois d’Ailly. Le soir du 31, relève, remplacé par la 12è Cie sans incident – page 34

Le 1e Nov, Repos à Bissée, le soir je suis de garde au poste du génie, le long de la Meuse, rien à faire, les hommes se relèvent d’eux mêmes. Le 2, continuation de la garde sans incident, les Bôches ont tiré une quarantaine d’obus sur la passerelle de la Bislée à Kœur. Ce soir, nous allons remonter aux tranchées à Mont-Meuse pour six jours et devons aller au repos pour quelques semaines à Courcelles, autrement, rien de nouveau à signaler. Le 3, à Lambla, continuation de la dernière journée de tranchée sans incident, relève vers 8 heures du soir par la 4è Cie. Partis pour le repos à la maison Forestière en passant par Kœur la Grande- page 35 – où l’on a été plus d’une heure et demi arrêté dans la rue en attendant d’autres sections en retard, arrivés après minuit au cantonnement et bien las, des voitures ont pris nos sacs à Kœur

 

4, 5, 6, 7 Novembre : Repos et travaux de bois, de corvées de toutes sortes, pour moi, le 5 planton sur la route de Baudremont, le matin été à Kœur, au bureau du Colonel, vaccination, logés dans des cantonnements où il pleut car la pluie tombe jours et nuits. Tout le monde très malade du vaccin, dans la nuit du 5 au 6 on a été obligé d’aller chercher le major à Courcelles aux bois pour d’aucuns qui se sont trouvés très mal, - page 36 - les jours suivants cela allait un peu mieux, mais il est toujours resté des souffrants . E-D-V (  je ne connais pas la signification...)

Le 2, j’étais au poste de garde du Gué, et je suis rentré à Bislée et de là à la cuisine de Mont-Meuse où nous avons la soupe, et je suis resté de garde de police de Mont-Meuse, de police et de corvées

 

3, 4, 5, 6 Nov : Même service, la section a été dispersée dans les autres sections aux tranchées. Tous les soirs nous faisons avec mon collègue, avec des hommes de corvée, chacun un voyage à Bislée pour chercher de l’eau et du matériel, et le soir on faisait porter le matériel aux tranchées – page 37

7 Nov : Même service, la nuit, avons été faire une patrouille pour garantir les travailleurs presque au pied du camp des Romains, sans incident, mais il faisait très humide et froid après l’eau qui venait de tomber, de rester coucher 3 heures dans les herbes.

8 Nov : Même service, et le soir nous avons été relevés par la 12è Cie et allons au repos pour 24 jours à Kœur, la relève a été faite sans incident et la période s’est bien passée, il y avait toujours les canonnades habituelles, il n’y a pas eu d’accidents à la Cie

9 Nov : Repos, 23 permissionnaires, le 10 : vaccination et repos. – page 38 - Le 11 : Repos après la vaccination, où il y a eu comme d’habitude beaucoup de malades, qui ne sont pas encore guéris. Beau temps, mais froid la nuit et pays bien triste pour notre repos – E-D-T-

12, 13, 14 et 15 nov : Rien de nouveau, toujours à Kœur au repos, petites corvées, et garde de police, pour moi à la passerelle, du 14 au 15 Novembre, cela s’est bien passé. Le 15 et 16, l’après-midi, arrivée des premières Cie du 119ème active qui viennent nous relever car la 101ème Division doit être relevée, le soir départ pour Mesnil aux Bois (coucher dans un grand baraquement où il faisait très froid – page 39 – Tout le 3è Bataillon marche ensemble soit la 9è, 10è, 11è, 12è. Les autres bataillons marchent de leur côté.

 

Le 17 nov : Départ de Mesnil pour Domrémy-aux-Bois en passant par Dégouville, Tricouville, Gare de Loxéville, Ernécourt-aux-Bois et Domrémy. Arrivée à 1 heure de l’après-midi et repos ensuite, car on a pas encore mangé, couché dans l’étable aux vaches avec mon escouade et allons être assez bien, et avons acheté un lapin et la patronne va nous le faire cuire, et l’on va manger à sa table ( très bonnes gens, mais en général ils ne sont pas hospitaliers vu aussi le grand nombre de troupes et depuis si longtemps – page 40 – pleine culture et tout cultivé, assez beaux terrains – (note : remarquons au passage l’œil de l’agriculteur du pays d’Ouche…).

Le 18, départ de Domrémy-aux-Bois pour Ligny-en-Barrois, ensuite nous devons aller à Longeaux, nourriture un peu médiocre, il a fait mauvais temps, nous avons été bien malheureux.

 

Le 24, 25 Nov :  toujours à Reffroy, un peu d’exercice et service de garde, temps froid et humide. Le 26, départ de Reffroy à 11 heures du matin pour Demange-aux-Eaux à 8 km, arrivés vers 3 heures du soir, pays d’environ 1000 h sur l’Ornin, canal de la Marne au Rhin. Ligne de chemin de fer de Grondecourt (9km). Pays sale et peu fertile, culture de vignes, logés assez bien. Concentration des deux bataillons pour se diriger prochainement sur un autre point.

 

27, 28, 29, 30 Nov, 1 et 2 déc : Toujours au même pays où on ne fait rien, service de garde, et corvées de bois, certaines compagnies font l’exercice, les plus jeunes sont toujours restés, mais s’attendant partir d’un jour à l’autre. Dans le régiment, il y a beaucoup de Savoyards et d’Auvergnats, des hommes de la Normandie, des Vosges, de la Hte Marne, des Ardennes, Paris, etc…

Les Méridionnaus sont restés au 223è étant de classes plus jeunes

 

Page 42 : Composition de mon Escouade :

Sainturette, Caporal – Cherpitel, Vosges – Cormot, Hte Marne – Lagarde, Paris 223è –L’Hermite, Id°

Rhiaut, Sarthe 223è – Baron, Paris 223è – Tétu, Bernay 223è – Daguin, Vosges –

Masveau, Ardennes – Genire, Paris – Février , Paris –

 

3 et 4 Déc 1916 : Toujours à Demange à ne rien faire, que quelques corvées. Le 4 à onze heures du matin je suis désigné pour l’embarquement des chevaux et voitures – page 43 - et d’autres corvées pour autres chose, à midi nous étions à la gare. Jusqu’au 16, toujours même pays et pas trop malheureux, parti pour Courville, arrivé le 18.

18, 19 et 20 Déc : à Courville, à la 6è Cie du 29 Tal, toujours travail à la carrière.

 

Le 21 déc 1916, départ en permission de vingt jours : parti à 5 h 30 de Courville, pris le train à Fismes à 7 heures, direction de Meaux et de Paris et arrivé à Beaumont le Roger le 23 Décembre,

 

Retour au front le 12 Janvier 1917, - Départ de Beaumont-le-Roger à 3 h 30 de l’après-midi, changé de train à Evreux (l’Express) jusqu’à Mantes, ensuite changé de train à ce pays et arrivé à Achères où l’on a couché sur la planche. Le 13, Départ d’Achères à 10 heures direction de Noisy le Sec où l’on a descendu et repris le train pour la gare de l’Est, arrivé à cette gare, on a remonté dans le train de Fismes (train à deux étages) de la banlieue de Paris. Départ à 13 heures, arrivé à Fismes à 9 heures du soir.

Couché dans les baraquements des permissionnaires où l’on a pu dormir vu le grand nombre qu’il y avait,  le 14 en route pour Courville à 4km600 pour rejoindre ma Cie, mais en arrivant on m’a dit que la dislocation des classes 90-91 était faite,  - page 45 - et de me diriger sur Crugny où était toute la classe 91, tandis que 90 était à Courville.

Je pris la route de Crugny à 3 km environ où je trouve ma nouvelle Cie la 2ème et ma nouvelle escouade la 7ème,  composée tous Auvergnats, nous cantonnions à l’extérieur du pays, tandis que l’autre peloton était en arrivant. Au bout de deux jours, on déménage pour rejoindre le premier peloton au quartier des Quatre Vents, sur la route de Serzy, comme travaux, toujours en construction, faire des remblais, pose de rails, terrassements quelconques, etc… Couché sous les toits mais assez bien, en appartement chez l’habitant pour manger – page 46 – et faire du feu, enfin on était pas trop mal, les gens sont hospitaliers et très sympathiques, le pays était agricole et avait près de 1000h. Culture prospère, et où tout le monde travaille à Courville et à Crugy. Il y avait un nombre considérable de camions automobiles, d’ailleurs il devait y en avoir 15.000 dans les environs, passage de troupes considérables, plus de 100.000 hommes sont venus se concentrer dans les environs en plus de ceux qui y étaient précédemment.

 

Du 24 au 27 janvier : mêmes travaux, et le 27 janvier même départ d’une quarantaine d’hommes pour un groupe de brancardiers divisionnaires 18è section de brancardiers, 153è division. – page 47 – Encore le 27, départ de Crugny, le 27 à 7 heures du matin à la gare, direction de Dormans, 2 heures à Bouleuse et arrivé à Dormans ( ligne de Paris-Nancy ) à onze heures et demie, arrêt jusqu’à trois heures de l’après-midi où l’on prend le train jusqu’à Mézy, gare d’avant (Château-Thierry où l’on est arrivé à 6 heures du soir. Après avoir attendu plus d’une demie heure, on prend le train pour Condé-en Brie où l’on est arrivé vers 7 heures à ce pays. On circule partout dans la ville pour trouver un cantonnement, mais personne n’avait besoin de nous, enfin à 9 heures – page 48 – on fini par nous caser à plusieurs endroits, et partout mal couchés. La journée a été dure sous tous les rapports, le froid principalement. Le 28, changement de cantonnement, et l’après-midi exercice théorique pour brancardiers.

 

29, 30, 31 janvier 1917 : Même travail, environ 1 heure ou deux par jour d’organisation, à ce régiment venu avec nous du 418è active, classes 98-99 et des Zouaves Classes 95-96 et nous tous 91, et nous sommes trop vieux ---(note : Charles Sainturette est né le 7 février 1871, il va avoir 45 ans… Marié et père de 4 filles : l’aînée en  1900 et la plus jeune en 1907) --- ,  et l’on va nous renvoyer ailleurs je crois, nous devions remplacer les jeunes à Condé-en-Brie pays très beau, 700 habitants, belle culture sur la rivière, la Dhuys. Toujours temps froid et neigeux : 15 degrés de froid au dessous de zéro – page 49

 

1er février : Toujours à Condé-en Brie (Aisne), rien fait le matin, l’après-midi, j’ai été avec un autre caporal et un sergent et 40 hommes pour charger des wagons de marchandises, surtout du charbon jusqu’à six heures du soir, des provisions du départ pour le lendemain. Le 2, Départ à 7 heures du matin de toute la 153è division, soit 3 régiments de zouaves et le 418è active et de tous les services, ainsi que notre Cie qui est plus de 200 hommes, dont tous ceux qui étaient avant nous sont du côté de Bordeaux et des Landes et des Bouches du Rhône. – page 50 – Il y an a depuis 21 ans jusqu’à 30 ans les plus vieux. Donc, départ de Condé-en-Brie pour la route de Château-Thierry soit 17 km, belle vallée agricole plantée de beaucoup de pruniers. Traversé Château-Thierry, c’était le marché, très belle ville et avons été cantonnés, arrivés vers 1 heure dans faubourg à nu, côté appelé St Martin, très mal couchés, trouvé de braves gens pour nous chauffer et écrire

3 février : Départ pour Belleau ( Aisne) à 8 heures du matin à 12 km, arrivé vers onze heures, cantonné de l’autre côté du pays ( ferme des Brusses, environ 300 hectares, belle culture dans le pays – page 51 – Pays de 150 habitants avec un château et vallée.

 

4, 5, 6, 7 février 1917 : Toujours au même endroit à ne rien faire, cantonnement médiocre, neige et froid intense, pain, vin et viande, tout est gelé, période très dure. Ce pays est à 32 km de Soissons, on s’attend toujours à quitter cette formation, nous ne sommes pas malheureux, on souffre seulement du froid.

8, 9, 10, 11, 12 février :Toujours au même pays à ne rien faire, quelque fois une demi-heure d’exercice théorique de brancardiers ou exercice de section, le 9 on a fait une petite marche promenade par Epoux et retour par Etrepilly, la nourriture est bonne, assez bien couchés – page 52 -, enfin bonne période de repos. En ce moment, on parle que l’on va nous garder longtemps ici à cette formation. Tous les pays environnants sont des pays de belles cultures et de grandes fermes, beaucoup de meules de blé dans les champs, mais comme ensemencements en blés dans les champs cette année, c’est presque nul, nous faisons partie de la 18è section d’Infirmiers Militaires - Groupe de Brancardiers Divisionnaires de la 153è Division, les sections sont numérotées comme les corps d’armée, dont la 18è section fait partie du 18è Corps d’Armée, dont le siège est à Bordeaux, -page 53 - Notre dépôt est à cette ville maintenant, nous faisons partie de la 5è Armée – Général Franchet d’Esperey. Notre division est composée de trois de zouaves, tirailleurs Algériens et du 418è d’Infanterie, plus d’autres troupes 60 et 39è d’Artillerie, etc…

Depuis le 27 janvier nous n’avons plus d’armées, sauf que l’on nous a donné à ce groupe un ceinturon et une baïonnette sérieZ.

Les 13 et 14 février, toujours à Belleau, fermes des Brusses, rien à faire, préparation pour le départ du lendemain, tous les jours il y a un va-et-vient, des hommes arrivent, d’autres repartent, de trois régiments avec nous, il y a 252è, 142è, 9è zouaves, 418è d’Infanterie, 153è Division, 12è train des équipages, etc… et les jeunes de la 18è section - page 54

 

15 février : Départ à 7 heures du matin pour Villeneuve-sur-Fère (Aisne) passant par Dhuys, Rocourt, etc… et arrivés à Villeneuve-sur-Fère à 1 heure de l’après-midi ; petit pays de 300 habitants, grande place publique, pays plutôt sale, cultures de grandes exploitations à 4 km de Fère en Tardenois, dépôt de convois automobiles, couché dans une ferme auprès de l’église, fait plus de 20 km à pied. Le 16, continuation de notre voyage en passant par différents pays dont je ne me rappelle pas le nom. Traversé une plaine immense de cultures modèles sans arbres. – page 55 – ensuite descendus dans les vallons, et pays moins beaux et moins riches, par Lyys, Mont-notre-Dame, en suivant et traversant plusieurs fois la ligne de Pans à Rennes, arrivés à St Thibault près de la gare de Bazoches, rien que des côtes et des vallées de tous côtés, grands marécages, embranchement de la ligne de Soissons, arrivé à St Thibault, 105 habitants à 4 h 30 du soir. On a fait la  grande halte en route pour manger, ce pays est à 4 km de Fismes que l’on voit très bien de sur la côte, sur notre droite se trouve St Gilles et ensuite Courville où nous avons été à quelques kilomètres, et ensuite Crugny, on fait beaucoup de kilomètres, mais en sommes presque toujours dans les mêmes pays – page 56 – fait environ une trentaine de km dans la journée on était tous las, mais nous avons mis les trois-quarts du temps nos sacs en voitures, pouvant marcher du même train que les jeunes, on couche dans des grands baraquements en planches, on y est pas trop mal. Dans ces contrées, il y a de la troupe en masse et il se fait des travaux considérables, on ne peut l’expliquer, d’ailleurs c’est défendu, le temps s’est mis au dégel, beaucoup de boue.

 

17 février 1917 : Repos, beau temps, le 18 : travaux prospères dans cette contrée, il a tombé de l’eau toute la nuit.

19, 20, 21, 22, 23, 24 février : - page 57 -Toujours à St Thibault, près de Bazoches, sale pays où l’on ne peut trouver rien, le temps est mis au dégel, boue épouvantable, circulation difficile pour les voitures sur la route qui va à Mont-notre-Dame où les convois sont des heures entières en attendant les passages, plusieurs kilomètres de longueur de voitures ou automobiles sur deux rangs, la route est défoncée, on est obligés de l’encaisser avec des grandes bourrées de largeur de la route. Question de travail, nous ne faisons presque rien, des corvées de nettoyages dans les rues du pays, pose de pierres au cantonnement, ou nettoyage à l’alentour, - page 58 – et corvées d’eau pour la cuisine, enfin ce n’est pas du travail, quelque fois une demi heure d’exercice de brancards ou d’école de section, autant dire rien, c’est pour nous sortir. Entre deux, on va se promener dans les bois ou dans la plaine, depuis un mois on a passé la vie heureuse, sauf le froid pendant une période et maintenant il fait meilleur, alors on se promène plus facilement. Comme aujourd’hui Dimanche 20, on se couche au soleil pour écrire, il y a un champ d’aviation auprès de nous, on voit beaucoup d’avions, sur le front il y a de violentes canonnades par moment.

25, 26, 27, 28 février : Toujours à St Thibault – page 59 - au G.B.D à faire peu de choses, nettoyages des rues, corvées d’eau à la cuisine. Le 28, préparatifs de départ pour le lendemain pour notre secteur au 259è.

Le 1er Mars : Départ à 7 heures du matin pour Crugny pour rejoindre notre ancien régiment, passé par  Mont-Saint-Martin où il y a un champ d’aviation, ensuite par St Gillles, Courville et arrivés ensuite à Crugny où nous avons été reversés à notre ancienne Escouade et avons retrouvé nos anciens camarades qui travaillaient toujours aux terrassements de la voie, arrivés vers onze heures du matin, et l’après-midi repos et réinstallation. Nous travaillons avec le 300è Tal et le 211è Tal – page 60

2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 mars : Travail aux terrassements près de St Gilles, on part tous les matins avant 7 heures par le petit train Décauville qui nous conduit à notre travail et nous ramène le soir à 5 heures. On va manger tous les jours à Courville où il y a une cuisine roulante qui nous fait des vivres, on emporte notre pain et notre vin, mais on est très mal pour manger dehors ou sous des mauvaises remises. Depuis quelques jours, il fait un froid terrible, et de plus, plus de dix centimètres de neige, et elle tombe encore aujourd’hui. Les routes sont verglacées et la circulation est difficile pour les convois, on souffre en ce moment du froid. – page 61

 

7, 8, 9 Mars :Bombardement de Fismes par les Bôches causant des victimes et des dégâts

Le 10, 11, 12 : Toujours à Crugny, au travail de la voie, on travaille maintenant de Crugny vers Sezy-Prin, on décharge des trains de ballast et on le pose sur la voie et l’on fait des terrassements, on est pas trop mal, le beau temps est revenu, nous avons mauvaise nourriture en ce moment. Fismes a été bombardé ces jours derniers, il y a des victimes et des dégâts. Morin est à Magneus, près de Fismes et Arthur à Vrigny près Reims. Nous faisons partie maintenant de la 6è Armée : Général M. et Général N.

 

Du 13 au 19 Mars : Toujours le même travail sur la voie ferrée – page 62 – Notre Cie est affectée au ballastage de la voie, c’est-à-dire que nous déchargeons les trains de ballast qui se composent de cinquante wagons, soit une longueur d’environ 350 mètres, et de plus, ensuite nous le posons entre les traverses et on le bourre dessous. C’est notre Cie qui a le meilleur travail à faire. La 1ère Cie est affectée au déchargement et à la pose des traverses, c’est un travail très pénible. Chaque traverse pèse plus de 80 kg, et de plus, elles ont été trempées dans un bain de Carbonyle ou autres ingrédients semblables, les hommes ont la figure et les yeux méconnaissables. On a travaillé depuis Crugny jusqu’à 2 km au dessus de Bouleuse. – page 63 - Direction de Bouleuse, à partir de Crugny, il y a Serzy, Pin, Faverolles, Poily, Peuzennes et Bouleuse. Les pays sont un peu à côté de la voie.

 

19 mars : repos, avoir été nous promener au champ d’aviation à 1500 mètres de Crugny où il y a beaucoup d’appareils, d’ailleurs, les champs d’aviation ne manquent pas.

Le 20, jusqu’au 27 mars : Continuation du travail par un temps très froid et pluvieux et neigeux pendant plusieurs jours. On a mangé à Serzy, après à Tramecy et ensuite à Peuzennes, le travail était de 6 heures du matin à 7 et 8 heures du soir, - page 64 - on mangeait aussi dehors avec une demi heure ou trois quarts d’heure pour manger. La rivière s’appelle l’Ardre et est formée de trois côtés des côtes. La vallée n’est pas fertile, les prairies ne valent rien, elles ne sont plantées que de grands arbres, surtout des frénilles ( ?) dont on abat une grande partie pour débiter à la scierie de Serzy, dans les côtes il y a des vignes qui sont aussi délaissées et de la culture. Le 25, on a descendu deux avions Bôches dont j’en avons vu atterrir un près de Bouleuse, il y avait un des nôtres qui allait devant pour lui montrer l’endroit pour atterrir, et les autres suivaient, paraît qu’il y avait un des aviateurs de tué d’une douzaine de balles et l’autre blessé également – page 65 – Grande canonnade sur le  front depuis plusieurs jours.

Le 27, Repos

28 et 29 mars : Toujours à Crugny et même travail sur la voie, et le soir du 29, préparatifs de départ pour le lendemain, vu l’arrivée de grands états majors au pays. Le 30, le matin, départ pour Serzy pour manger la soupe, et on doit cantonner à ce pays, c’est le long de la voie à peine à 3 km de Crugny, c’est un pays de 2 à 300 habitants, mais comme il n’y a pas de place pour nous loger, on nous a fait venir des tentes pour loger dessous que nous avons monté dans un champ l’après-midi par un temps pitoyable, – page 66 - si bien que le soir, on a pas pu y loger vu que dans la boue et l’eau, on a remonté au pays pour coucher dans des cantonnements d’occasion où nous avons couché deux nuits, on y était encore pas trop mal, la cuisine se trouvait à côté du pays dans une ancienne briqueterie. Le 31 mars : Reprise du travail, et continuation d’aménagements des tentes .

 

Le 1er avril 1917 : Même travail et déménagements des cantonnements de Serzy, vu l’arrivée de nouvelles troupes, et installation définitive sous les tentes où nous avons couché le soir, on couche 12 hommes par tente, toujours mauvais temps.

2, 3, 4 avril : Même travail sur la voie et toujours mauvais temps, sauf le 3 où il a fait meilleur

page 67 – La 1ère nuit sous la tente, on a eu très froid, mais ensuite, on s’y est habitué, en se cachant bien la tête, on avait pas trop froid, mais ce n’est pas une saison pour mettre coucher des hommes dehors, c’est bon pour l’été. La nourriture est toujours absolument médiocre, le travail n’est pas pénible, on ne fait presque rien certains jours, mais il faut rester le nombre d’heures par n’importe quel temps, c’est cela qui semble le plus dur.. Nous sommes 3 Cies qui logent ici à ce même endroit, nos officiers, même le Commandant logent sous leurs tentes, y couchent et y mangent et n’en sont peut-être pas plus satisfaits.

 

(Note perso :  Ce passage laisse deviner un grand moment de fatigue et de lassitude… Quels pouvaient être leurs états d’âme ? Nous savons qu’un bon soldat ne doit pas en avoir, nous savons aussi qu’ils étaient animés par la certitude de la victoire sur l’ennemi ce qui ne les empêchait pas d’avoir de temps à autre une petite pointe d'humour…)

 

page 68 – Nous sommes près de 700 hommes dans ce village pittoresque, cela ressemble aux sentes des Gaulois ou des Sauvages. La 1ère Cie est à Tramecy, en allant vers Bouleuse. Aujourd’hui le 4 avril, on apprend que l’on doit quitter ce pays pour aller à Châlons-sur-Vesles, direction de Reims pour travailler à la construction d’une voie decauville..

Partis de Serzy le 5 avril avec chargement complet, sauf les ballots de couvertures et les imperméables qui devaient suivre en voiture, mangé la soupe du matin et partis vers 10 heures du matin par beau temps, passé Savigny, Jonchery-sur-Vesle, tout le long de cette route, pays vignoble excellent. Bouchery, gentille petite ville où passe la Vesle, - page 69 - gare importante de ravitaillement, ensuite passé par Prouilly, Pevy, Vaux, Varesnes, pays cotoyeux et ne paraissant pas très riche, partout, vastes champs remplis de troupes, impossible à faire la description, ensuite passé une belle plaine et arrivé à Chalons-le-Vergeur, une ferme seulement avec château, et être allés cantonnés dans les bois, quelques centaines de mètres plus loin, où il y a aussi un autre camp. Châlons se trouve dans un bas fond, avec des routes presque impraticables, arrivé vers 7 heures du soir, mangé un peu de biscuit et du singe, et rien à boire, couchés un peu partout dans les bois – page 70ou dans des trous de carrière où nous avons failli être engloutis à quelques-uns, un éboulement s’étant produit à onze heures du soir, ne nous faisant que quelques contusions, enfin nuit longue et froide, les ballots de couvertures n’ayant pas suivi.

 

Le 6 avril : Montage de petites tentes dans le bois et installation complète de la Cie. Comme nourriture pas grand chose, la 1ère Cie est du côté de Vaux-Varennes, et les autres dispersés je ne sais où.

Le 7 avril, travail, le 1er peloton au Bois Blanc à la gare de Jarnicourt à 2 ou 3 km de Berry-au-Bac, travail pour l’Artillerie, construction d’abris, transport du déchargement du matériel, point très dangereux, vu le grand nombre de pièces d’artillerie qui sont dans ce quartier et toutes les petites lignes Décauville – page 71 – Bombardement construit par l’artillerie ennemie. Et par le Décauville chargé de rails avec 12 hommes à la gare de Roncy, passé par Bouffigneureux, bombardé au retour, et départ précipité vu le commencement de bombardement, il faut une heure et demie pour y aller. Le soir on apprend que l’on change de pays le lendemain.

Le 8 à 6 heures du matin, départ pour Bonvancourt, à environ 6 km, mais à vol d’oiseau peut-être 3 km, à ce pays on nous met à camper sur un côté dans les mêmes conditions de couchage sans paille, sans couvertures et presque sans vivres. – page 72 – Installations de tentes pendant la journée. Dans le pays, il y a beaucoup de troupes, une Cie du 17è Tal, du 29è Tal et beaucoup d’autres. Le pays est petit et il y a encore des civils, les pays que nous avons vu ont été un peu bombardés mais ne sont pas abîmés, la campagne par contre elle n’est  pas cultivée, et partout il y a des réseaux de fil de fer barbelés et des travaux de défense, c’est toujours des côtes, c’est à 12 km de Fismes, et à environ 20 km de Reims.

Le 9, continuation de travail à Jarnicourt et au Bois Blanc, où le bombardement redouble d’intensité, la veille, démolissant les rails et le poste téléphonique que l’on avait construit – page 73 – il a fallu presque deux heures pour y aller en passant par Guyancourt et la gare de Bouffigneureux. Le 2è peloton travaille dans les carrières ou sur la voie vers Commercy, point moins dangereux. Temps absolument déplorable, à 10 heures on nous envoie à la soupe, c’est à dire, manger une petite boite de singe pour deux vu le bombardement qui commence, alors il a fallu tous se sauver bien plus loin dans les bois et à midi et demi on nous a fait rentrer au camp, le travail étant impossible vu les obus de tous calibres qui pleuvaient – page 74 – J’oubliais de dire que le poste en question a été détruit la veille au soir ainsi qu’un autre abri à côté par deux obus de 210 qui ont tombé dessus, tuant trois artilleurs dans l’un et deux autres soldats dans l’autre, un caporal a été projeté dans un sapin à 6 mètres, complètement déchiqueté, nous travaillons à démolir les restes de ces abris pour les refaire quand l’on nous a renvoyés….. /…

 

( Note perso : Je m’attache à transcrire textuellement ce passage que le lecteur appréciera, ne changeant ni ponctuation, ni mots,et en respectant l’orthographe, - il n’y a pas de fautes de frappe  )

 

…./…  retour par chemin détournés et par Guyancourt, avons été bombardé de trois obus sans aucun mal. Le 10 : même travail, sans incident, mais j’étais resté de garde au camp, temps absolument froid, - page 75 - on est toujours sous les tentes sans paille, ni couvertures et mauvaise nourriture, beaucoup de malades par le froid. Des quantités de chevaux qui sont attachés de tous côtés dehors, tous dans un état pitoyable, tous les jours ils en crèvent. Le 2è peloton travaille vers Commercy et est plus en sécurité, il y a aussi du 17è Tal qui travaille avec nous pour l’artillerie, il y a des grosses pièces d’artillerie à côté de notre camp dont les obus pèsent chacun 507 kg, ils tirent à plus de 25 km. Depuis deux jours et deux nuits bombardement extrêmement violent de notre part sur les positions Bôches Berry-au-Bac, surtout le plateau de Craonne, on voit les obus qui éclatent et les incendies. –page 76 – Les Bôches répondent aussi, c’est impossible à décrire, la nuit on ne peut dormir par ce bruit et le temps n’est qu’un feu.

 

11, 12, 13, 14 avril : Continuation du travail sans trop de bombardement, quelques obus de temps à autres. Le 11 et 12, continuation de la lutte d’artillerie avec toujours la même intensité, tous les jours arrivée considérables de troupes, et de toutes armes, tous les pays, les bois, les prairies champs sont remplis de troupes, ou de matériel, il y a aussi un grand nombre de saucisses pour observer l’ennemi, on en aperçoit quelquefois plus de trente, - page 77 - le pays et les environs en reçoivent quelquefois. Le 11 et 12 où nous travaillons, les Bôches ont envoyé des obus asphyxiants mais nous n’avons pas été inquiétés, on s’est sauvé. Il y a aussi une grande activité dans l’aviation, c’est incalculable le nombre d’avions que l’on voit, on n’y fait même pas attention, sauf les Bôches qui viennent nous rendre visite et que l’on bombarde aujourd’hui 14 on en a descendu un en flammes par mitrailleuses d’avions Français c’est encore un de moins. Temps meilleur ces jours derniers,  Le 15 repos par une section de chaque peloton, et le 16 même chose pour les autres sections, toujours le même travail, sans incident, quelques obus seulement. – page 78 – Depuis quelques jours le 1er peloton, dont je fais partie part au travail à 3h40 du matin et revient dès onze et demie du midi, le second peloton part le matin à 6h20 et ne revient le soir qu’à la même heure et mange sur le terrain, il est moins en danger, arrivée d’un nombre considérable de troupes de toutes armées.

Le soir commencement d’attaque d’artillerie d’une intensité inouïe de Berry-au-Bac vers Reims qui a continué toute la nuit et qui était la préparation d’attaque de l’Infanterie. – page 79Le 16 continuation du bombardement et attaque d’Infanterie dès le point du jour, qui dans la journée, suivant des récits à bien marché, on parle l’après-midi de 5000 prisonniers et que l’on a avancé, et que le plateau de Craonne était enlevé, en revenant du travail on a vu plus de 500 prisonniers qui tous paraissaient misérables, tant qu’au point de vue, habillement et physionomie délabrée. Les saucisses des observateurs ont beaucoup avancé signe de progression. Arrivée nouvelle de troupes de toutes armes, surtout de cavalerie, bien équipés en hommes et chevaux, et le moral des troupes est très bon. – page 80 – Pour nous continuation du travail dans les mêmes conditions, impossible à décrire le nombre de troupes.

Le 17 avril 1917 : la Cie est demandée pour aller travailler à Pontavert, plus de deux heures de marche impossible de passer vu le nombre de troupes, passé par Guyancourt et Roncy. En arrivant à Pontavert bombardement intense, les obus dégringolaient de tous côtés et de tous calibres, chacun se sauvait où il pouvait, il y a eu trois blessés légèrement, c’est un hasard que la Cie s’est tirée aussi. Pas de travail pour nous et d’ailleurs c’était impossible, - page 81 – on devait réparer un pont au canal, alors on nous a ramené au cantonnement par le même chemin en passant par Roncy, on nous envoie des obus, sans mal pour nous, mais tuant deux hommes et blessant plusieurs de différents régiments et tué plusieurs chevaux. Rentré vers 1 heure de l’après-midi. Pontavert se trouve de l’autre côté du canal et de l’Aisne, pays presque entièrement démoli, étant à proximité du plateau de Craonne, les ponts ont été coupés, et il y a des ponts en bois, plusieurs jours et n’étaient pas à leur aise.

Le 18 avril : Travail de la Cie – page 82 – près de Cormicy à 1 km à faire ou à réparer des lignes décauville sans incidents, pluie toute la journée, deux heures ainsi pour y aller. Le 19, travail de la Cie 1 peloton à Cormicy, et l’autre à la gare de Génicourt et au Bois Blanc, sans incident. Le 20, même travail et aux mêmes emplacements sans incidents valables, quelques obus. Tous ces jours continuation de l’offensive avec succès, bombardements effroyables, on a vu beaucoup de prisonniers.

Le 21 avril : à 2 heures du matin départ en permission de 20 jours jusqu’au 12 mai 1917, reparti le 13 mai

 

(Note perso : Grande a été ma surprise de lire cette phrase, je ne m’y attendais pas, nul ne sait si Charles Sainturette en avait été averti, quoiqu’il en soit, cela a du être une grande joie pour lui… et les siens, reprenons le récit, comme je l’ai indiqué avant, il n’y a pas de blanc sur la page…)

 

, pris le train à Jonchery-sur-Vesle à 5 heures du matin – page 83- passé par Fismes, avoir été par Crépy-en-Valois, arrivée à Achères vers 6h30 et reparti le 13 mai, pris le train à Jonchery-sur-Vesles à 5 heures du matin, passé par Fismes, avoir été par Crépy-en-Valois, arrivé à Achères vers 6h30 et reparti à 11h40, arrivé à Beaumont le Roger vers4h30 le 22 mai, …/…

 

( Note : je reporte mot pour mot ses écrits, j’avoue qu’entre répétitions et déroulement du trajet dans le temps que j’ai du mal à suivre, il semble y avoir un manque de cohérence, de la confusion… ou bien il n'a pas tout noté... rien entre le 13 mai et le 6 juin...  je continue…)

 

…/…  le 6 juin 1917 : Même travail, ordres de ne plus coucher au cantonnements, sauf ceux où il y a de bonnes caves, pourvu qu’il y ai de la place, les civils les premiers, les militaires tout faits pour être tués, alors pas de désignation d’emplacements pour coucher – page 84 – et se sauve qui peut chacun n’a qu’à se trouver un gîte quelconque, donc pas d’organisation, pour moi de garde aux munitions, route d’Hermonville, bon abri pour coucher, mais on a couché sous les toiles à côté des munitions, dans l’abri on avait peur de ramasser de la vermine, on nous fait nettoyer les logements, c’est toujours bon pour les soldats, les officiers couchent dans des bons lits, et ce n’est pas la même guerre pour eux. 7juin : Même travail toujours à ne rien faire, à charger quelques pierres, charger ou décharger des munitions quand il y en a, mais pas souvent, coucher dans les grandes carrières, route de Prouilly, très froides, pas retourné le lendemain, une quarantaine de civils en partie femmes et jeunes filles, et jeunes soldats, quelle cohue. Le 8 juin, même travail, sans incidents, coucher dans une sape dans une tranchée, toutes ces nuits les avions viennent jeter des bombes sur le pays, ou baraquements voisins, temps très chaud, on a vu descendre deux avions Bôches. 9, 10, 11, 12 juin : Même travail, presque toujours couché ou assis sur l’herbe, orages assez violents presque tous les jours ou nuits toujours bombes d’avions. – page 86 - Le 11, 3 bombes près de la ligne de chemin de fer à droite de Muizon tuant 10 artilleurs, canonnade sur le front violente par intervalles, mais certains jours étant plus calmes, mais l’activité de l’artillerie reprend en ce moment, grande activité aussi de l’aviation, les nôtres descendre ou désempare beaucoup d’avions Bôches. Tout cet aviation évolue à des hauteurs vertigineuses 4 à 500 mètres plus haut que les nuages, on entend que le ronflement des moteurs et des mitrailleuses. Etat major du 7è Corps d’Armée avec télégraphistes, ambulances, etc. Pays d’officiers et de jeunes Soldats embusqués, - page 87 – ce pays est Bôche paraît-il faisant commerce de vins avec l’Allemagne, n’ont pas souffert de l’invasion, et n’ayant jamais été bombardés, ce soir on a des ordres de coucher au cantonnement, comment peut-il savoir que l’on sera en sécurité, ce n’est pas à comprendre, ou bien ne veut rien dire. Le pays est très riche en vignoble et bien cultivé quelques luzernes magnifiques et quelques blés, pays de petits propriétaires, très aisés, et de bons travailleurs, tout le monde travaille beaucoup, et sont tout à fait inconnus, très pittoresque et belle vue sur la vallée jusqu’à Reims, chemin de fer, rivière la Vesle, beau panorama. – page 88 - A  la Cie nouveaux ordres pour deuxième permission de compensation aux Soldats mobilisés avant la classe, mais à leur tour réel de permission. 13, 14, 15 juin : même travail, et rien de nouveau que continuation des tirs d’avions et d’artillerie, très fortes chaleur, on loge toujours dans des souterrains. 1ère et 4ème Cie revenus aux convois de Muizon. Le 16, pour moi de garde aux munitions, la 1ère section s’en va à Muizon en subsistance la 1ère pour travailler aux munitions à la gare de la 2è section de notre Cie a été travailler. Toujours même travail l’autre côté de Châlons-sur-Vesle également au dépôt de munitions, j’ai été relevé de garde ce soir à 9 heures. – page 89Le 17 la 2è section s’en va cantonner dans des baraquements entre Châlons-sur-Vesle et Thenay à peu de distance du dépôt de munitions dans un bois de sapins, comme partout rempli de troupes, partis à 6 heures du matin, nettoyage du cantonnement, et repos l’après-midi, forte chaleur, les deux autres sections sont restées à Trigny, situation toujours pareille, on approche de Reims, que l’on aperçoit très loin à l’œil nu, peut-être à 5 ou 6 km à vol d’oiseau. 18, 18, 20 juin : même travail, rien de particulier, où nous sommes, cela s’appelle le Camp de Perdigaille.page 90Le 21, Départ en permission de 20 jours (mobilisé) à Muizon, gare d’arrivée Beaumont-le-Roger mais reparti que le 14 juillet, le matin par le train de 2 heures 53. le matin passé par Achères, Crépy-en-Valois et Villers-Cotterets, nouvelle gare régulatrice pour le retour des permissionnaires, arrivé à Muizon, le soir à 7 heures, et au cantonnement à 7h30. Le voyage s’est bien passé dans de bonnes conditions même avec beaucoup de chaleur dans les trains, retrouvé les camarades au même camp de Perdrigaille et faisant toujours le même travail, - page 91 -ils avaient eu repos l’après-midi pour fêter le 14 juillet et en avais profité, car ils  ne pensais pas à la guerre, à côté au 8è Cuirassiers, il y a grand concert ou j’ai été aussi jusqu’à onze heures du soir. Le 15, Dimanche Repos, j’ai été a Trigny, porté ma permission au bureau, et on m’a demandé des certificats pour les pères de 4 enfants vivants, il y en a qui ont été reversés au 4è bataillon de la classe 90-16. Reprise du travail toujours dans les mêmes conditions, on travaille avec le 9è Rgt d’artillerie lourde. 17, 18, 19, 20 Même travail, et on garde entre deux, on est pas malheureux, mais on s’ennuie quand même – page 92 – La nourriture s’est beaucoup améliorée depuis le 1er juillet, on a suffisamment, et mieux faite, le pain est aussi d’assez bonne qualité. Pendant cette période le temps a été aux orages, ou pluvieux, ce qui aura beaucoup dérangé pour la fenaison, il y a toujours de violentes actions d’artillerie, sur le front du côté de Craonne et Reims, surtout le 17, 18, 19. Où nous sommes c’est tranquille. Il y a  beaucoup de régiments au repos à côté de nous, le 8è Cuirassiers, le 23è Zouaves, le 333è d’Infanterie, et bien d’autres, c’est en partie tous des jeunes ne dépassant pas les 30 ans. Depuis que je suis rentré toutes les troupes sont de bonne humeur – page 93 – on entend chanter jour et nuit car ils profitent d’un repos complet et s’amusent. 21, 22 juillet Toujours même travail, la nuit plusieurs avions Bôches ont circulé sur nos cantonnements et la contrée, sans causer d’accidents, nos canons et mitrailleuses les ont bombardés avec violence, mais l’on ne sait si ont été atteints. Dans la journée du 22 les Bôches ont bombardé les cantonnements à côté de nous et la route, et envoyé des obus fusants sur la saucisse de Châlons-sur-Vesle, près de nous sans l’atteindre, il n’y a aucun dégâts, ni accidents sur le front grande activité d’artillerie. – page 94Le 23, 24 toujours la même chose, sans évènements notoires, terrible canonnade du côté de Craonne et de Moronvilliers et Brimcourt. Toujours beau temps et très chaud, toujours beaucoup de troupes où nous sommes et grande activité de tous les services de l’armée, grand nombre de jeunes embusqués dans certaines formations, c’est toujours pareil. 25 juillet, Même travail, Beau temps et chaleur, violentes actions d’artillerie sur côté de Craonne, Brimcourt et Monvilliers. Explosion d’un dépôt de grenades incendiaires à Châlons-sur-Vesle, le soir nous allions nous promener à Chenay, moi et mon ami Durand, lorsque nous avons aperçu de la fumée – page 95 – du côté de Châlons-sur-Vesle, nous avons été voir, et c’était dans la vallon qui va à Chenay où il y avait cet incendie, on a vu tout c’était des poudres, cela faisait comme un feu d’artifice, nous nous sommes assis sur le côté à deux cents mètres environ, lorsque une formidable explosion s’est produit en jetant en l’air des projectiles de la terre, cailloux, les projectiles qui  étaient des grenades ont été lancés dans la direction de nos cantonnements, à plus d’un km y mettant le feu, ainsi que dans la campagne, vite éteint par les Soldats qui ont été tous surpris de tout cela ne s’y attendant pas, - page 96 - il y a eu huit blessés qui étaient près de l’incendie, tant qu’à nous nous nous sommes sauvés précipitamment dans un chemin creux de crainte que cela recommence, un avion qui survolait l’incendie a été englouti sans accident dans la fumée, et n’a eu aucun mal. Le 26 De garde la nuit du 25 au 26, rien de nouveau, violente canonnade du côté de Craonne.

 

La suite :

 

La seconde moitié de la  page 96 du carnet de campagne du Caporal Charles Sainturette est restée blanche ainsi que la suivante. Celle d’après, la 98 est écrite, et jusqu’à la dernière la 181, mais les textes sont tout autres...

 

Depuis ma dernière note – 6 juin 1917 – J’ai tenu a retranscrire exactement le récit, (il m'est parfois arrivé de rajouter un article manquant, ou un mot sauté, le crayon allant plus vite que la pensée...)  j’ai ressenti un moment de détresse ( à demi cachée ) , visible dans l’écriture qui semblait plus nerveuse et avec un passage pendant lequel Charles ne pouvait même plus s’appliquer au niveau de l’orthographe, tout semble rétablit à partir du 20 juillet, mais au fait, quand le 15 juillet il porte sa permission au bureau, et qu’on lui demande un certificat pour les pères qui ont 4 enfants vivants… que cela peut-il bien vouloir dire ? et surtout, à quoi peut-il bien penser ?

Mieux vaut ne pas y penser et surtout ne pas avoir de faux espoirs… Demain il faut continuer le travail… 

 Charles Sainturette est papa de Yvonne en 1900, Hélène en 1901, Alice en 1903 et Suzanne en 1908. Son épouse Aline s’occupe du travail de la ferme, vaches, cultures, semis, récoltes, fenaison, moisson, et les pommes à cidre à ramasser en saison, il doit bien y avoir un ou deux domestiques, mais rien ne peut combler l’absence d’un père ou d’un mari parti à la guerre

 

Les textes contenus dans les autres pages du carnet du Caporal Charles Sainturette n’ont plus rien à voir avec le récit de sa campagne, ce sont des poésies, ou des chansons pour penser un instant à autre chose que la guerre.

 

Mais certains textes sont écrits bien plus tard, pour preuve : la chanson ayant pour titre :

M Paul Deschanel, 1 Refrain et 4 couplets, relatant sa mésaventure en date du 24 mai 1920 :

M Paul Deschanel - Président de la République - sujet au Syndrome d'Elpénor tombe en pyjama du train présidentiel près de Montargis... Histoire vraie que l'on trouve dans tous les bons dictionnaires.

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Charles Sainturette était Maire du Noyer-en-Ouche quand il fut mobilisé. Il siègera à nouveau au Conseil Municipal le 15 sept 1917, et ses compagnons seront de retour : Louis Beaudoin le 6 août 1919, Arthur Vallée le 11 déc 1919 - ce dernier ayant participé aux élections municipales qui se sont déroulées les 30 novembre et 7 décembre 1919. Arsène Piéton ne figure pas.

Charles Sainturette fut réélu Maire du Noyer-en-Ouche le 11 décembre 1919.

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Dans ses bagages, le courrier ou, pour le moins celui qu'il a pu rapporter :

lettres et cartes postales et ses carnets, dont une partie a été conservée, en particulier l’album de cartes postales qu’avait constitué sa dernière fille Suzanne, retrouvés dans une armoire ou un grenier, ayant ainsi échappé à une destruction certaine… un miracle pour perpétuer sa mémoire... qui, nous le ressentirons plus tard était sa préoccupation de tous les instants...

 

Il reste maintenant à classer les cartes postales de Charles pour compléter le récit, le paquet est conséquent, et nous réserve probablement quelques émotions....

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Le 16 octobre 1921, Inauguration du Monuments aux Morts par Charles Sainturette, Maire du Noyer-en-Ouche et tout le conseil municipal.

 

1914-1918 Morts pour la France

 

HENRY Georges Soldat 29è Bataillon Chars à Pied
DESMONTS Charles Caporal 224è Régiment d’Infanterie
BATON Georges Soldat 75è Régiment d’Infanterie
MAILLOT (Lucien Désiré) Georges Soldat 405è Régiment d’Infanterie
LELASSEUR Raphaël Soldat 224è Régiment d’Infanterie (généalogie)
LAMBERT Albert Soldat 24è Régiment d’Infanterie
POREE (Eugène) Raymond Soldat 24è Régiment d’Infanterie

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Dans les bagages du Caporal Charles Sainturette, des cartes postales et des lettres envoyées
durant tout ce temps par sa Femme Aline et ses quatre filles et également des amis...
Je vous propose de les retrouver classées chronologiquement et rassemblées
avec celles qu'il leur a envoyées parmi les pages de son carnet sur le lien suivant :
Le Journal du Caporal Charles Sainturette - 1914-1918 et ses correspondances

Vous y trouverez également les Journaux de marche et Opérations des Régiments auxquels il a appartenu.

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Un Dimanche d'août 1944 : Décès tragique de Charles Sainturette et de son petit fils Gérard Lebreton...

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