Autour de la Godinière

Le drapeau de la Normandie

Extrait de l'Almanach du Normand 2004

            On le voit souvent flotter sur les châteaux ou les monuments historiques. Certains se disent peut-être : c'est le même blason que celui des Anglais. Normal : la Normandie a longtemps été anglaise. C'est à la fois vrai et faux. Essayons d'y voir plus clair si vous le voulez bien.........
            Commençons par le faux; Les léopards qui figurent sur le blason anglais sont trois. Sur le drapeau normand, ils ne sont plus que deux. En auraient-ils perdu un en route ?...... Reprenons par le commencement.
            Le blason normand montre «deux léopards passants d'or, sur champ de gueules». On rencontre souvent des lions dans l'héraldique. Ici nos deux léopards peuvent être confondus avec le roi des animaux, puisque comme lui, ils sont représentés avec une crinière et n'ont pas leur pelage tacheté habituel.
            Mais le léopard héraldique se différencie du lion car il est représenté le corps de profil mais la tête de face. il est dit «passant» car il marche sur trois pattes, la quatrième étant dressée. Sa queue est redressée vers l'extérieur, alors que pour le lion elle retombe sur le dos.
            Dans le bestiaire du Moyen Âge, le léopard est un bâtard du lion (léo) et de la panthère (pard).
            Pourquoi donc avoir choisi des léopards?... On dit que le roi d'Angleterre Henri II aurait adopté ce blason pour défier le pape qui l'avait excommunié après le meurtre de Thomas Becket.
            Ce qui est sûr c'est que les léopards de Normandie sont anglais. Plus précisément, anglo-angevins, pour tout dire, Plantagenêts. Geoffroy Plantagenêt (celui qui mit une branche de genêt à son chapeau), avait déjà ce blason. Mais comme cela se pratiquait alors pour les armoiries, les figures étaient disposées en semis. C'est ainsi que les lys de France seront aussi en semis avant que leur nombre ne soit réduit à trois, en hommage à la Sainte Trinité.
            Les léopards également seront réduits à trois. On prétend que c'est pour rappeler les trois fils d'Henri II : Henri le jeune, Richard (C
œur de Lion) et Jean (Sans Terre). Mais il a eu d'autres fils, ce ne doit pas être pour cela. En fait, le nombre de trois est considéré comme un nombre magique au Moyen Âge. (comme sept... mais sept léopards, cela faisait beaucoup...)
            Parmi les couleurs à la mode dans les familles princières, il y avait le bleu (azur) et le rouge (gueule). Henri a préféré le rouge, couleur du sang. (le roi de France, le bleu...) Les armoiries des Plantagenêt sont donc tout naturellement passées dans le blason royal d'Angleterre. Les rois anglais y ajouteront les lys de France lorsqu'ils se croiront aussi rois de France pendant la guerre de Cent ans. (ils existent toujours... de même que la devise qui figure sur les armoiries
«Dieu est mon droit» est en français. Qui dit que l'anglais envahissait notre bon vieux français?....)
            Lorsque la Normandie deviendra française, le roi de France choisira pour cette province les léopards Plantagenêt. Mais pour se distinguer de son
«collègue» anglais, il réduira les animaux à deux.
            Voilà toute l'histoire... Ajoutons enfin que Guillaume le Conquérant n'a rien à voir là-dedans!...

            Signé : G.N

            (J'ai tenu à recopier intégralement le texte - page 14 - qui nous apprend ou nous rappelle beaucoup de choses, aussi bien historiques que de la manière dont naissent les blasons et ce qu'ils signifient. Cela est un des buts de mon site qui se veut aussi bien instructif que ludique. C'est aussi un exemple de ce que l'on peut trouver dans l'Almanach du Normand ; l'un des 40 Almanachs pour 40 Terroirs de France, disponibles dès le mois d'Octobre dans toutes les bonnes librairies. Une idée originale de cadeau. René Lesur.)

et pour compléter : visiter  http://lumin.essence.free.fr/e1_tourisme.htm

Extrait de l'Almanach du Normand 2004
Rédacteur en Chef : Gérard BARDON
Gérard NEDELLEC - Gabrielle SUEUR
Editions Reflets du Terroir
C.P.E. - B.P. 57 - 5, Allée de la Tuilerie
41202 ROMORANTIN cédex
Tél : 02.54.824.141   Fax : 02.54.834.143
e-mail : almanachs@cpe-editions.com

site : www.cpe-editions.com 

Comme chaque année, l'édition 2005 de l'Almanach du Normand apporte une mines d'informations sur les personnages contemporains ou ancestraux qui font ou ont fait la Normandie, ses coutumes, traditions, dictons et plein d'autres choses, un ouvrage à ne pas manquer et que l'on trouve dans toutes les bonnes maisons de presse ou par correspondance auprès de C.P.E.

Trouvé sur internet sur indication de M. HERSENT Michel Président des trois léopards.

THESE DE L'ABBE LELEGARD

Richard CŒUR DE LION portait un écu de gueules à trois léopards d'or. Cela est indiscutablement prouvé par un sceau, où il figure sur une face " en majesté ", c'est à dire assis sur un trône, comme Roi d'Angleterre, et sur l'autre où il chevauche, casqué et armé d'une épée, comme Duc de Normandie. Il porte alors au bras gauche un écu orné de ses armes personnelles. Ce document date de la fin du XIIe siècle, de 1198, très exactement.
Ces léopards au nombre de trois succèdent à un autre écu, également porté antérieurement par le même souverain et qui représentait " deux lions affrontés."
Mais la forme définitive des armes du Duc-Roi ( et partant de la Normandie comme de l'Angleterre ) comprend bien trois léopards.
Son frère et successeur Jean SANS TERRE reprendra d'ailleurs pour son compte cet écu à trois léopards. Il le gardera même quand la Normandie aura été confisquée par le Roi de France Philippe Auguste en 1204, après la prise de Château Gaillard.
Un demi-siècle plus tard, le blason du Roi d'Angleterre, qui continue à se proclamer Duc de Normandie, reste inchangé. Et, en 1279, Edouard Ier accorde aux Iles Jersey et de Guernesey, un sceau à trois léopards qui reste de nos jours encore l'emblème de ces deux possessions de l'ancienne Normandie, constituées en bailliage en 1304, un siècle après l'annexion par la France du reste de la Normandie.
Sur le continent, l'usage veut que les terroirs " réduits " soient donnés en apanage à des princes royaux, qui portent alors des armes où figurent les fleurs de lys d'or sur fond d'azur, armes de France, que vient alors modifier une " brisure ", en général de gueules.
Ce sera le cas pour l'Anjou, le Berry, la Bourgogne, ainsi que pour un certain nombre de villes – dont certaines se situent en Normandie, comme Alençon, Evreux ou Mortain.
La Normandie resta d'abord sans Duc et fut directement contrôlée par le Roi de France pendant plus d'un siècle. Le titre ne fut rétabli qu'en 1333, en faveur de Jean, fils aîné de Philippe VI de France. Le jeune homme – que l'on surnommera par la suite, bien à tort, " Le Bon ", par opposition sans doute à Charles " Le Mauvais " - portait comme armes celles de France, d'azur à fleurs de lys d'or et que surchargeait une brisure. Les sceaux sont sans équivoque à ce sujet.
En 1350, son fils aîné, le prince Charles, lui succède comme Duc de Normandie, puisque Jean Le Bon devient Roi de France. Charles porte tout simplement le sceau du dauphin: écartelé de France et de Dauphiné. Quand il deviendra à son tour Roi de France, personne, ne lui succédera dans le titre, purement honorifique, de Duc de Normandie. L'Echiquier de ce qui n'est plus qu'une province ne porte pas d'armes particulières et se contente de celles de France.

Henri V, pour concrétiser ses prétentions en pleine guerre de Cent Ans, portera un écu " écartelé " de France à trois lys et d'Angleterre à trois léopards. Après avoir épousé Catherine, la fille de Charles VI, il est officiellement reconnu comme héritier des deux royaumes. Pendant ce temps, l'Echiquier de Normandie modifie ses armes. Le nouvel emblème est une sorte de synthèse qui comprend deux léopards surmontés d'une fleur de lys.
Comme l'écrit l'abbé Marcel LELEGARD, particulièrement averti de cette question héraldique: " L'on s'est contenté d'enlever l'un des léopards pour le remplacer par un autre meuble": une fleur de lys. Par là même, l'on voulait manifester l'individualité de la Normandie, mais intégrée dans le royaume de France uni à celui d'Angleterre en la personne d'un même souverain .»
Au milieu du XVe siècle, le Conseil royal à Rouen utilise un sceau avec les deux léopards sur un semis de fleurs de lys. On ne sait si le champ était alors de gueules ou d'azur.
Après la fin de la guerre de Cent Ans et la nouvelle intégration de la Normandie dans le royaume de France, le sceau de l'Echiquier voit disparaître les léopards pour ne plus conserver que les fleurs de lys, consacrant ainsi l'annexion.
Quand en septembre 1465, Louis XI nomme son frère Charles Duc de Normandie, celui-ci prend non pas un écu à fleurs de lys, dérivé des armes de France mais il revient aux léopards… des Plantagenêts. Seulement, il choisira de réduire leur nombre de trois à deux. C'était sans doute une manière de se distinguer des souverains d'Angleterre qui continuaient de porter écartelés les trois lys et les trois léopards.
Nota : Cet extrait provient d'un ouvrage de M. MABIRE, "Histoire Secrète de la Normandie "

 

OUVRAGE DE MONSIEUR PASTOUREAUX

Extrait d'un de ces ouvrages Monsieur Pastoureaux ( archiviste, paléographe ) titrée "Figure de l'héraldique "
Les armes d'Angleterre sont nées pendant le règne de Richard Coeur de lion (1189-1199).
En 1195, à son retour de captivité il transforma .
l'écu aux" deux lions rampants (verticaux) et affrontés "
Qu'il portait jusque-là -et qu'avait peut-être portés son père Henri II Plantegenêt - en un écu à trois lions "passants" horizontaux que gardèrent tous ces successeurs et qui plus tard prirent sur le continent le nom de léopards.

 

Voilà de quoi s'occuper un instant... René Lesur.

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